Pour jouer au rugby, il faut un ballon, des joueurs… et un terrain. Mais derrière ce qui semble être une évidence se cache une petite subtilité de vocabulaire qui peut avoir son importance au moment d’arbitrer. Aire de jeu, champ de jeu, enceinte de jeu, trois notions pour trois espaces différents. Et selon l’endroit où se trouvent le joueur et le ballon, les règles ne sont pas forcément les mêmes. En se référant aux textes officiels de World Rugby et de la FFR, l’aire de jeu est l’espace compris entre les lignes de ballon mort et les lignes de touche.
C’est la surface sur laquelle se dispute le ballon. Cette partie du terrain concerne donc le champ de jeu et les zones d’en-but. Les lignes de touche, les lignes de touche de but et les lignes de ballon mort ne font pas partie de cette aire de jeu qui est sous l’autorité exclusive de l’arbitre ou de son représentant. Le champ de jeu est une zone située entre les lignes de but et de touche, qui n’en font pas partie. En gros, c’est le terrain, sans les en-but.
On évoque enfin l’enceinte de jeu pour qualifier toute la surface de jeu et l’espace autour, souvent jusqu’à la limite de la pelouse, de la main courante ou des grillages. En France, l’espace autour est qualifié de zone de dégagement ou zone de périmètre (sa largeur doit être de 3,50 mètres minimum). Aucun obstacle fixe ou mobile ne doit y être installé. Ne peuvent circuler dans les zones de dégagement que les membres de l’équipe arbitrale, les personnes admises sur le banc de touche dans les limites fixées autour de celui-ci, ainsi que les joueurs entrant ou sortant du terrain après autorisation ponctuelle d’un membre de l’équipe arbitrale.
Pour les compétitions professionnelles, il est recommandé d’ajouter 2 mètres de dégagement supplémentaire destinés à l’installation des moyens de production TV et des supports publicitaires. Trois espaces donc, qui permettent de situer précisément le ballon, les joueurs… et l’action de l’arbitre. Car savoir où commence et où s’arrête le terrain permet de comprendre pourquoi le sifflet retentit.
Ces différentes zones ne sont donc pas qu’une affaire de vocabulaire. Elles déterminent aussi ce qui peut se passer sur le terrain et les règles qui s’appliquent à chacun, comme le détaille Cédric Marchat, responsable du secteur fédéral des officiels de matchs : « Des subtilités existent pour chacune de ces trois zones, avec des droits et devoirs pour les différents acteurs d’un match. Ainsi, un ruck peut être formé dans le champ de jeu, mais pas sur la totalité de l’aire de jeu puisque ce n’est pas possible dans les en-but. » La FFR ajoute même deux définitions à ses textes : le terrain et l’enceinte sportive. Le terrain (schéma 4), espace comprenant l’enceinte de jeu (donc aire de jeu et zones de dégagement) ainsi que la zone mitoyenne allant jusqu’à la main courante, le grillage, la barrière ou la fosse. L’accès à cette zone mitoyenne est réglementé par l’organisateur, subordonné à une autorisation expresse et justifiée.
L’enceinte sportive ou le stade (schéma 5) est, enfin, ce qui concerne le terrain, les vestiaires, les tribunes ou la zone déambulatoire depuis les guichets ou jusqu’aux grilles d’évacuation, soit toutes les installations sportives. Ce lieu doit être clos pour tous les matchs de championnat fédéral. La sécurité est assurée sans partage par l’organisateur, qui fixe et protège les zones sensibles, réglemente et organise la circulation à l’intérieur du stade ou de l’enceinte sportive. Selon leur qualité, leurs équipements et le souhait ou non d’y accueillir de la compétition, ces terrains sont qualifiés en cinq catégories différentes (A, B, C, D, E) pouvant accueillir tel ou tel entraînement, match ou épreuve officielle. Mais il s’agit là d’un autre champ d’action.
