La célèbre Coco Chanel disait que « l’on n’a jamais deux fois l’occasion de faire une bonne première impression ». Un principe qui vaut pleinement pour le rugby lorsqu’il est découvert, essayé et vécu pour la première fois par nos jeunes : le premier accueil est souvent déterminant. En catégorie M16, un jeune qui découvre le rugby présente aujourd’hui un taux de retour inférieur de 49 % à celui d’un licencié de longue date. Un constat qui invite à s’interroger : quels outils et quels dispositifs peuvent renforcer l’accueil et l’encadrement des nouveaux pratiquants ?
Nathalie Janvier est vice-présidente déléguée à l’attractivité et à la fidélisation des jeunes de ces catégories : « L’objectif est que ces primo-licenciés restent le plus possible. On souhaite développer ce fabuleux sentiment d’appartenance de notre sport. Dès lors qu’on arrive dans un nouveau club, une nouvelle association, pourquoi ne pas mettre en place un cérémonial d’accueil ? Ce genre de cérémonie existe déjà pour les nouveaux habitants dans certaines villes ou certains villages. Plutôt que les bizutages d’un autre temps, une soirée d’accueil mettant en avant les nouveaux licenciés en leur signifiant qu’ils font partie de la famille du club et de ses valeurs peut être une source de réflexion. »
Selon l’étude 2025 « Fidélisation et attractivité des jeunes » menée pour la Fédération française de rugby, chez les féminines, le taux d’arrêt après la première année de pratique atteint 64,8 % en M6, puis recule à 60,3 % en M8, 54,7 % en M10, 50,4 % en M12, pour descendre à 37,14 % en M15. Ces résultats montrent clairement que, chez les filles, plus l’entrée dans la pratique est tardive, plus la poursuite du rugby en deuxième saison est élevée. Chez les garçons, la variation est nettement plus limitée, avec un taux d’arrêt qui passe de 46,68 % en M6 à 44,08 % en M16.
Le DTL de Nouvelle-Aquitaine Damien Ressiguié forme avec Nathalie Janvier le binôme à la tête du groupe de travail dédié à cette thématique. « En rugby, la force du collectif est déterminante : s’intégrer rapidement et trouver sa place dans le groupe est essentiel. Chez les féminines, le phénomène de zapping est plus marqué que chez les garçons. Une fois ce constat posé, à nous de construire des solutions durables, en nous appuyant sur le maillage territorial, de nouvelles formes de compétitions, et sur le travail exemplaire des clubs qui savent accueillir et accompagner les primo-pratiquantes. »
À ces nouveaux rugbymen et rugbywomen, pourquoi ne pas présenter d’emblée toute la richesse des pratiques ? Si l’un ou l’une ne trouve pas sa place en rugby à XV, il peut s’épanouir en rugby loisir, dans l’arbitrage, le rugby à 7 ou encore l’engagement bénévole. « On ne sait pas toujours, au départ, quelle forme de rugby fera naître une passion », rappelle à juste titre Nathalie Janvier.
L’élue imagine un accompagnement sur mesure pour sécuriser les premiers pas : « Un jeune de moins de 16 ans qui découvre le rugby arrive avec un parcours différent, parfois moins de repères techniques ou physiques que ses camarades déjà formés. C’est justement l’occasion d’adapter l’accompagnement : proposer des contacts progressifs, l’identifier avec une chasuble spécifique, ou mettre en place des ateliers ciblés pour sécuriser ses débuts et favoriser sa montée en confiance. »
Le travail se poursuit pour que, pas à pas, ces primo-pratiquants trouvent toute leur place et que la pratique du rugby devienne un choix naturel. Pour cela, un cadre d’accueil stimulant et sécurisé ainsi que la valorisation de chaque parcours sont déterminants pour que, progressivement, le rugby se transforme non seulement en sport, mais aussi en véritable passion.

La Fédération Française de Rugby poursuit son action en faveur du développement de la pratique chez les jeunes. Le Comité d’Orientation Politique de la…