Aujourd’hui, un pratiquant sur quatre qui foule les pelouses ovales dans le monde est une femme ! Ce chiffre est en hausse constante. En France, on recense précisément 52 689* licenciées contre 311 681 pratiquants hommes, avec un objectif ambitieux affiché par la Fédération à terme : franchir la barre des 100 000 licenciées.
Car, aujourd’hui, tous les voyants sont au vert : en une seule saison, le rugby féminin a connu une croissance de 18 %. Entre 2017 et 2023, l’augmentation est spectaculaire : +94 % de pratiquantes avec une structuration qui suit le rythme. 1 160 clubs disposent aujourd’hui d’une section féminine, 393 d’entre eux alignent une à quatre équipes en compétition. Plus globalement, 80 % des clubs français comptent désormais au moins une joueuse licenciée dans leurs rangs.
Ce développement n’est pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, la FFR mène une politique volontariste pour structurer, promouvoir et accompagner le rugby féminin à tous les niveaux. Parmi les actions phares : le programme Rugby pour Elles, la création de journées spécifiques pour les jeunes filles de 8 à 12 ans, le maintien du challenge M15F, la distribution de kits de communication et d’une mallette pédagogique dédiée à l’encadrement. Sur le plan sportif, l’excellence est clairement visée.
Des commissions consacrées à l’élite et aux divisions fédérales ont été mises en place, deux niveaux compétitifs ont été créés pour les M18 à XV et l’Élite 1 féminine a été resserrée pour renforcer la qualité des confrontations, tout en bénéficiant d’une couverture médiatique accrue grâce à Canal+.
Et les résultats suivent, avec une première médaille olympique pour France 7 (argent) aux JO de Tokyo et un classement dans le top 3. Le rugby féminin se construit avec la professionnalisation des internationales, la mixité dans les Académies-pôles Espoirs, et l’excellente formation des M20 et M18, dont certaines ont aussi été intégrées au rassemblement Élite Jeunes de Fréjus.
Le virage n’est pas seulement sportif, il est aussi structurel et culturel. En octobre 2024, les élections fédérales ont vu l’arrivée de 50 % de femmes au sein du Comité directeur de la FFR, répondant aux exigences de la loi du 2 mars 2022 sur la démocratisation du sport, qui impose la parité dans les organes décisionnaires des fédérations.
Mais dans les clubs, qu’en est-il au juste ? Quelle est la place des femmes dans les structures ? Sont-elles nombreuses à s’investir ? Et dans quels rôles ? L’égalité et la parité riment-elles avec unité ? Dans le Vallespir, la région naturelle des Pyrénées-Orientales où se situe le RC Féminin Vallespir, à Sisteron dans les Alpes-de-Haute-Provence ou à Yerres dans l’Essonne, nous sommes allés à la rencontre de celles qui, sur les terrains comme en coulisses, construisent chaque jour le présent et l’avenir d’un rugby résolument féminin.
Des actrices inspirantes, engagées et déterminées, qui prouvent que le ballon ovale, désormais, se conjugue aussi fièrement au féminin. Dans le jargon du rugby, un adage revient souvent pour exprimer une volonté de bien jouer : la balle à l’aile et la vie est belle ; aujourd’hui, nul doute que la balle à elles, la vie est toujours aussi belle !
* Source FFR, nombre arrêté au 31 mai 2025