

Au cœur du nouveau Centre National de Rugby de Pantin, la Fédération Française de Rugby a récemment accueilli une journée pas comme les autres. Le dispositif Du Stade vers l’Emploi (DSVE), mené en collaboration avec Heliaq engagé en tant que partenaire de la fédération à mission sur l’insertion professionnelle par le rugby, a réuni candidats et recruteurs autour d’un objectif commun : se rencontrer autrement.
Le principe est simple, mais redoutablement efficace. Le matin, tous les participants évoluent dans un anonymat total. Pas de CV, pas de statut, pas de hiérarchie visible : chacun n’est identifié que par son prénom. Mélangés au sein d’équipes, candidats et recruteurs prennent part à des ateliers rugby encadrés par les éducateurs de la FFR. Loin d’être anodines, ces activités sont conçues pour révéler les qualités humaines, relationnelles et professionnelles de chacun.
Sur le terrain, les rôles s’effacent. L’engagement, la communication, l’esprit d’équipe ou encore la capacité d’adaptation prennent le dessus. « À travers ces jeux, on essaye de voir les personnalités. J’avoue que je ne connais pas les chefs d’entreprise, ni qui est demandeur d’emploi, mais en tout cas, je ne vois que des sourires et ça c’est le principal », souligne Pascale Mercier, vice-présidente de la FFR.
L’après-midi marque un tournant. Une fois le repas partagé, l’anonymat est levé et les échanges se poursuivent sous forme de « job dating ». Toujours en tenue de sport, recruteurs et candidats peuvent enfin mettre un visage sur les impressions du matin, échanger leurs contacts et évoquer concrètement des opportunités professionnelles.
Pour les participants, l’expérience est souvent marquante. Léna Harouni, aujourd’hui responsable d’agence chez Vitalliance, a connu les deux côtés du dispositif : « Il y a quelques années, j’étais à la recherche d’un emploi lors de ce type de journée. Aujourd’hui, c’est moi qui recrute. Je suis ravie de pouvoir, à mon tour, ouvrir des portes. »
Du côté des accompagnateurs, le constat est tout aussi positif. « Cela fait du bien aux demandeurs d’emploi de sortir du cadre classique de l’entretien. On découvre les personnes autrement, et on peut parfois dénicher de vraies pépites », explique Kévin Vildeuil, conseiller à l’emploi chez France Travail.
Pour les candidats, cette approche offre une bouffée d’air frais. « Les gens étaient très sympathiques, c’était convivial et cela permet de s’ouvrir », confie Pierre. Un sentiment partagé par Boutrah, autre participante : « C’était une journée géniale. Le sport révèle des qualités qu’on ne voit pas forcément sur un CV. Le rugby, en particulier, aide à avancer, y compris dans la vie professionnelle. »
En associant les valeurs du rugby à celles du monde du travail, le dispositif « Du Stade vers l’Emploi » s’impose comme une alternative innovante et humaine au recrutement traditionnel. Une manière concrète de rappeler que, parfois, les meilleures rencontres commencent loin des bureaux.