Le 25 mai, jour de fête des mères, l’US Salles accueille la première finale de championnat de France de son histoire. Candidate dès le début du mois pour recevoir une rencontre de phases finales, l’association girondine apprend finalement, à l’issue des demi-finales des Espoirs Nationaux, qu’elle organisera l’affiche entre Marmande et Tyrosse, un choix facilité par sa situation géographique, à mi-chemin entre les deux finalistes. « Nous nous sommes rapidement positionnés auprès de la Ligue et de la FFR. Recevoir une telle rencontre est une véritable fête pour le club, surtout avec notre groupe de bénévoles très investi », souligne Jean-Michel Joie, secrétaire général de l’USS.
Au stade Raymond-Brun, niché au cœur des pins landais, l’effervescence débute dès les premières heures de la journée. Une cinquantaine de bénévoles se mobilisent pour préparer l’événement. Après plusieurs jours de forte chaleur en Gironde, barnums, pergolas et espaces ombragés sont installés autour de la tribune et de la main courante afin d’accueillir dans les meilleures conditions les quelque 2 000 spectateurs attendus.
Co-président de l’USS depuis cette saison (avec Jean-Marc Fabius, Renaud Lansard et Jean-Michel Labèque), Olivier Collin n’avait jamais assisté personnellement à une finale de championnat de France, quel que soit le niveau. Son seul regret ? Que Salles ne soit pas sur le terrain : « On aurait préféré que l’une de nos équipes soit en finale, mais pour autant on est contents que deux clubs voisins, aux philosophies comparables à la nôtre, se disputent ce bouclier. »
Le président souligne aussi l’intérêt d’accueillir une finale pour prolonger la saison et faire vivre le rugby à Salles : « On trouvait dommage que le club ne vibre plus à partir du mois de mai alors que tout le monde a encore envie de venir au stade. Il fallait que le rugby continue de vivre ici. » Après avoir déjà reçu un huitième de finale de Régionale 3 et son tournoi annuel réunissant plus de 800 jeunes, le club confirme son savoir-faire organisationnel. « Nos bénévoles sont aux petits soins, quel que soit le club accueilli. Ces moments montrent que nous sommes bien plus qu’un simple club sportif : un véritable lieu de cohésion sociale. »
En ce dimanche de finale, voitures et bus convergent vers le stade Raymond-Brun. Les tribunes se remplissent progressivement de supporters venus de Marmande et de Tyrosse. Parmi eux, David, natif de Saint-Vincent-de-Tyrosse et fidèle au club depuis toujours, savoure ce déplacement à une heure de route de chez lui : « Pour les jeunes qui jouent cette finale, avoir leurs proches dans les tribunes, c’est quelque chose de très fort. »
Pour l’USS, l’événement est également une opportunité importante. Si la remise d’un bouclier de champion de France constitue une première dans l’histoire du club, son co-président, Jean-Michel Labèque, rappelle aussi l’intérêt économique d’une telle journée : « La billetterie est partagée, mais les recettes des buvettes, repas, sandwicheries ou de la bourriche reviennent entièrement au club. » Avec près de 10 000 € de recettes espérées, soit l’équivalent d’une grosse réception de derby, l’opération est loin d’être anodine à l’heure où les frais de déplacement ne cessent d’augmenter.
En plus d’être à l’accueil du stand restauration qui propose notamment aujourd’hui du canard, Nelly Escrouzail, également responsable des bénévoles du club, a forcément répondu présente en ce jour si particulier : « Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour le club, lance-t-elle en ce dimanche où elle aurait pu profiter du soleil ailleurs. Les bénévoles qui donnent un coup de main aujourd’hui ont entre 17 et 85 ans ! Tout le monde a répondu au quart de tour. Et avec le sourire. »
Elle se souvient des visios en amont du jour J avec les bénévoles chargés des thématiques billetterie, sécurité, alimentation ou événementiel, avant de distribuer le planning à tout le monde. « On a tellement l’habitude de travailler ensemble que tout roule à chaque match à domicile. » Pour Julie Rodriguez, bénévole en charge de la communication et du marketing, également investie auprès de l’école de rugby et des féminines M14, accueillir une telle finale était une évidence : « On tenait vraiment à recevoir des phases finales et à faire venir du monde au stade. Avec l’équipe, nous avons beaucoup communiqué sur les réseaux sociaux pour relayer l’information, aussi bien à Salles qu’auprès des clubs de Marmande et de Tyrosse. »
Présente depuis trente-cinq ans, Monique est l’une des plus fidèles bénévoles des Rouge et Blanc. Hasard de cette finale à la maison, la FFR lui a remis la médaille du bénévolat : « Je ne m’y attendais pas, avoue-t-elle entre deux notes du célèbre We Are the Champions de Queen qui célèbre les vainqueurs tyrossais. Je suis surtout ravie qu’on ait accueilli une telle finale, qui plus est avec des clubs voisins et amis qui méritaient d’y être. Tout s’est super bien passé niveau organisation. Cela fait aussi rayonner le club et son bassin. »
Sur place, Jordan Roux, vice-président de la FFR en charge du territoire et de la filière jeune, vit, lui, sa première finale de la saison : « Organiser une telle finale dans un club qui est aussi exemplaire à tous points de vue le valorise, lui qui est si généreux et a un lien social fort sur son territoire. Ces phases finales sont l’ADN du rugby, elles permettent aussi de récompenser certains villages et villes accueillants comme Salles. »
Tous les clubs n’ont pas la possibilité d’accueillir des phases finales, certains profitant de l’intersaison pour rénover leurs installations ou refaire leur pelouse. À Salles, le choix a été inverse : les travaux de remplacement du terrain attendront la fin des compétitions. Une façon de faire vivre le présent sans perdre de vue l’avenir, avec l’espoir d’accueillir, demain encore, de grandes affiches et de nouvelles finales.