

Apprendre à respecter l’arbitre, reconnaître une situation de discrimination ou savoir réagir face à une incivilité : autant de réflexes qui se construisent dès le plus jeune âge. À Navarrenx, les Journées de l’Arbitrage La Poste ont pris une dimension éducative avec une animation imaginée pour sensibiliser les jeunes rugbymen et rugbywomen aux valeurs essentielles de leur sport. « Il est essentiel de sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge, souligne Jean-Raphaël Gaitey, responsable des partenariats sportifs du groupe La Poste. Ce qu’ils apprennent aujourd’hui, ils vont le partager avec leur famille et le garder en mémoire. C’est aussi une manière d’ancrer durablement les bons comportements, notamment le respect envers les entraîneurs, les éducateurs et les arbitres. »
Pour rendre ces messages accessibles, la FFR a privilégié une approche participative. Répartis autour de quatre tables thématiques, les enfants ont été confrontés à des situations inspirées de la vie d’un club ou d’une rencontre de rugby. Violences physiques et verbales, discriminations et violences sexistes et sexuelles, incivilités et contestations, menaces et cyberharcèlement : chaque atelier proposait une activité différente. Jeux d’association, mises en situation, questions ou analyse de conversations fictives ont permis aux participants d’identifier les comportements inappropriés, d’en comprendre les conséquences et de réfléchir aux réactions à adopter.
D’une durée maximale de huit minutes, chaque séquence était associée à une valeur : respect, solidarité, tolérance ou partage. À l’issue de chaque défi, les enfants remportaient un bracelet portant l’un de ces messages. Une fois les quatre bracelets réunis, ils recevaient un petit cadeau pour récompenser leur participation. « Le jeu permet d’aborder plus facilement ces sujets avec les enfants et de favoriser le dialogue, explique Alice de Robillard, responsable du département Gouvernance et Intégrité de la FFR. C’est important de les sensibiliser dès le plus jeune âge pour qu’ils puissent ensuite en parler autour d’eux, notamment avec leurs parents. Ce matin, beaucoup de parents ont participé à l’atelier et se sont montrés particulièrement intéressés par cette démarche. »
Au-delà de l’animation, cette initiative répond à un véritable enjeu éducatif. L’objectif est d’aider les jeunes pratiquants à identifier les comportements contraires aux valeurs du rugby et à devenir, à leur tour, des relais de prévention au sein de leur entourage. « Nous voulons que les enfants apprennent à reconnaître naturellement les situations de discrimination ou de racisme et qu’ils puissent les signaler sans difficulté, poursuit Alice de Robillard. On sent que cette prise de conscience devient déjà plus spontanée chez eux. Ce sont des sujets qui doivent aussi être abordés à l’école, mais il est essentiel que le rugby contribue à transmettre ces valeurs. »
Une conviction partagée par La Poste, partenaire historique de l’arbitrage, qui accompagne cette démarche de sensibilisation. « Notre rôle est aussi de contribuer à l’éducation des jeunes en leur transmettant des valeurs essentielles comme la solidarité, le respect des entraîneurs, des installations sportives, mais aussi le respect de soi-même », rappelle Jean-Raphaël Gaitey. Si les écoles de rugby constituent une cible privilégiée, le dispositif a également été pensé pour être adapté aux adolescents et aux adultes, afin de toucher progressivement l’ensemble des acteurs du rugby.
Cette action s’inscrit dans le Plan de lutte contre les violences et les incivilités lancé par la FFR en 2024. Structuré autour de quatre piliers — sensibiliser, former, prévenir et réprimer —, ce programme s’est progressivement déployé dans les clubs, les écoles de rugby et les compétitions, avec l’ambition de faire évoluer durablement les comportements. Car si la très grande majorité des rencontres se déroule dans de bonnes conditions, les incidents restent suffisamment nombreux pour nécessiter une mobilisation collective. « Aujourd’hui, 98 % des rencontres se déroulent dans de bonnes conditions. Mais sur les 40 000 matchs organisés chaque année, les 2 % restants représentent tout de même 800 rencontres problématiques, rappelle Florian Grill, président de la FFR. C’est pourquoi nous avons lancé un plan de lutte contre les violences. Nous encourageons les clubs à prendre la parole, que ce soit dans les tribunes, auprès des bancs de touche ou le long des mains courantes, pour rappeler les valeurs du rugby. Ces valeurs impliquent aussi de ne tolérer aucun comportement contraire à l’image et à l’esprit de notre sport. »
À Navarrenx, cette volonté s’est traduite par une démarche concrète, accessible et collective. En associant les enfants, leurs parents et les éducateurs autour du jeu, la FFR et La Poste ont rappelé que le respect de l’arbitre et des autres acteurs du rugby ne se limite pas aux 80 minutes d’une rencontre. Il se cultive dès l’école de rugby et se transmet bien au-delà du terrain.
LES 3 POINTS À RETENIR