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Label Club Engagé  : Fruit de son label

La Rédaction
08/12/2025
Le Label Club Engagé (LCE) s’est solidement ancré dans le paysage du rugby français. Grâce à l’analyse automatisée et au travail des CTC, les progrès réalisés sont désormais suivis avec précision. De quoi encourager les clubs à se structurer davantage et à développer de nouvelles actions.

Pour saisir pleinement la genèse du Label Club Engagé (LCE), il faut revenir à ses débuts et aux démarches qui en ont découlé. Créé à la suite d’un appel à projets lancé en 2019 par l’ancien DTN Didier Retière et par Julien Tréhard, aujourd’hui directeur du développement du rugby et des territoires à la FFR, ce dispositif invitait les clubs à déposer un dossier valorisant leurs actions sociétales afin d’obtenir la certification du Comité départemental, de la Ligue et de la Fédération.

Avec l’arrivée de l’équipe de Florian Grill à la présidence de la FFR, la méthode mise en place par la Ligue Île-de-France est reprise et déployée à l’échelle nationale. Début 2022, le Label Club Engagé est ainsi lancé officiellement, dans la continuité du « Club du 21e siècle », porteur d’une vision globale invitant les clubs à étendre leur action bien au-delà du seul terrain de rugby.

Pour la saison 2024-2025, le nouveau Label Club Engagé franchit une nouvelle étape. Son objectif  : simplifier la vie des bénévoles en leur apportant des solutions concrètes plutôt que des contraintes supplémentaires. Il est question de donner une vision stratégique fédérale aux clubs grâce à cinq matières (ex-piliers), mais aussi de les situer annuellement les uns par rapport aux autres au regard des actions menées sur le terrain.

Cela permet également d’accompagner les différents acteurs pour pérenniser et faire progresser les actions mises en place d’une saison sur l’autre, tout en permettant au club de valoriser son action auprès des institutions, partenaires internes et externes. « Cette deuxième campagne a connu une vraie évolution, se réjouit Jordan Roux, élu à la FFR et vice-président territoire et filière jeune, tout en ayant la charge du Label Club Engagé. Plus qu’un label qualité, c’est un outil d’accompagnement à la structuration du projet associatif de club. Cela lui permet de se développer et communiquer sur ses résultats afin de valoriser les actions qui font du bien au rugby. »

47 critères, regroupés en 5 matières

Mais qu’en est-il du fonctionnement  ? Chaque club est évalué sur 47 critères, regroupés donc en 5 matières  : éducation par le sport, inclusion, citoyenneté, santé-bien-être et transition écologique. Pour l’évaluation, les clubs peuvent compter sur Oval-e qui compile déjà nombre d’informations, mais aussi sur les CTC qui vont à la rencontre des clubs de leur bassin afin de répondre ensemble à un questionnaire permettant de mieux connaître l’étendue de leurs actions.

« La matière principale est l’éducation par le sport, concède Jordan Roux, mais le bilan individualisé permet à chaque club de connaître ses évolutions et ses axes d’amélioration. Indirectement, cela permet également de fidéliser nos licenciés tout en développant l’attractivité du rugby, mais aussi d’en accueillir de nouveaux. »

La transition écologique, elle, demeure le domaine où les clubs ont encore le plus de marge de progression. « Les collectivités font de plus en plus attention à l’écoresponsabilité, note Jordan Roux, notamment avec l’arrosage et l’éclairage. Le rugby doit avoir un gros point de vigilance à ce sujet et la FFR doit être force de proposition pour accompagner les clubs en ce sens. Sans oublier les transports. Il y a actuellement des engagements réalisés avec la SNCF afin de favoriser les mobilités douces. »

Les Conseillers techniques de clubs sont donc positionnés au cœur de ce label grâce à l’étude qu’ils mènent sur les clubs de leurs bassins, comme le confirme Geoffroy Esteriola, CTC dans l’Aude. « On fait la tournée de nos clubs pour faire un bilan de la saison écoulée. On étudie ainsi les perspectives en se basant sur les 47 critères de ce Label. Cela montre également les axes d’amélioration. L’idée est d’ancrer davantage les clubs sur leur territoire grâce à ces actions sociales et environnementales. Ils ne peuvent plus se contenter d’animer du rugby par habitude chez les séniors ou leur école de rugby. Ça va au-delà. »

Si le rugby doit évidemment garder sa place forte pour ce qui est de la compétition, il faut aussi « toujours mieux développer la formation de l’être humain au cœur de sa société », abonde Mickaël Percier, CTC en charge du très étendu bassin 2, Bourgogne, Franche-Comté et Yonne  : « On a quand même une mission d’intérêt public. Face à certaines pathologies, mettre ou remettre des personnes sur la voie de l’activité physique est plus qu’utile pour tout un chacun. »

Dans la Ligue Centre-Val de Loire, Guillaume Cury, CTC du bassin n° 1, Perche Beauce, comportant neuf clubs, revient sur la grille d’entretien du LCE  : « C’est une base d’échange intéressante. L’intérêt de communication et de visibilité n’était pas forcément clair au départ pour certains clubs et bénévoles. Mais c’est de plus en plus le cas. » Chaque CTC peut suivre les scores et le positionnement des clubs de son bassin sur l’ensemble des matières grâce à un outil dédié et personnalisé nommé Shiny.

Guillaume Cury reprend  : « Cela nous permet de filtrer par matière, par Ligue, CD, bassin ou par CTCC’est pratique pour comparer des clubs ou comprendre leur rôle plus ou moins actif dans leur terroir. » Des codes couleurs et des pictos permettent de créer une dynamique plutôt que de comparer. Le club, son Comité départemental ou sa Ligue régionale peuvent également accéder au positionnement dans la Ligue régionale et au niveau national. Des conseils personnalisés peuvent être proposés pour faire évoluer ces scores avec des exemples d’actions à succès dans d’autres clubs de la région et à l’échelle nationale.

Chaque club reçoit sa fiche LCE avec sa note totale

Les CTC permettent ainsi de faire un diagnostic plus en profondeur des clubs, un peu moins axé sur le terrain, comme l’explique le responsable développement sociétal à la FFR, Maxime Boussion  : « Ils ont un rôle d’analyse prépondérant, d’autant qu’ils connaissent par cœur leur bassin. L’idéal serait que le Label devienne à terme une sorte de feuille de route du club. “On n’est pas bons sur ce domaine, que faire pour le développer ?” Le LCE n’est pas un énième projet, mais un révélateur. »

Les clubs disposant déjà de certaines actions ou sections concernées peuvent désormais les pérenniser et surtout les valoriser. Chaque club se voit recevoir sa fiche LCE avec sa note totale (sur un maximum de 700 points). Chaque matière est notée sur cinq étoiles et donne lieu à une note  : 285 points maximum (avec 20 critères) pour l’éducation par le sport, 150 (9 critères) pour l’inclusion, 115 (8 critères) pour la citoyenneté, 100 (6 critères) pour la santé-bien-être et 50 (4 critères) pour la transition écologique.

Un partenariat avec Midi olympique prévoit de récompenser certains des meilleurs clubs du LCE, à travers les Oscars nationaux ou régionaux. Les clubs n’ayant pas encore agi sur telle ou telle matière, action ou section seront d’autant plus motivés à l’idée de se lancer vers ces nouveaux horizons porteurs.

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