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Fédération

Préserver notre rugby  : la FFR distinguée aux Iris du Sport 

La Rédaction
20/01/2026
Le 27 novembre, au sein des murs du CNOSF à Paris, la FFR s’est distinguée lors de la cérémonie des Iris du Sport 2025. Elle y a obtenu le prix Bernard-Lapasset pour récompenser son vaste plan de lutte contre les violences et les incivilités lancé en 2024, ainsi que le Label du Fair Play.

Un lieu de prestige pour une récompense qui l’est tout autant  ! Dans la maison du Comité national olympique du sport français (CNOSF), la FFR s’est vu attribuer le prix Bernard-Lapasset 2025, dans la catégorie Promotion de l’esprit sportif. Sur le podium avec le prix en main, Laurent Estampe, vice-président de la FFR en charge des écoles de rugby et chargé du plan de lutte contre les violences, n’a pas manqué de rendre hommage au nom associé à ce prix  : « Ce prix est symbolique car il porte le nom d’un ancien grand président de la FFR ! »

Le recevoir ici en sachant aussi qu’il a été vice-président du Comité national olympique du sport français et président d’honneur du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’été de 2024 est un beau clin d’œil. « Cette récompense matérialise tout le travail qui a été fait depuis plus d’un an et demi par le département gouvernance et intégrité de la FFR avec de nombreuses actions qui ont été déjà mises en place. » Une illustre reconnaissance dans le cadre des Iris du Sport 2025 qui vient féliciter les 18 mois d’un plan de grande envergure, celui de lutte contre les violences et les incivilités dans le rugby officiellement lancé en avril 2024.

Dans un projet qui s’étale de 2024 à 2027, nous voilà arrivés à la moitié du chemin pour un plan qui s’imposait. D’abord dans un intérêt général pour toute fédération sportive d’avoir un maximum de moyens de protection pour tous ses pratiquants, ses clubs et ses associations. Mais aussi pour saisir un problème qui s’est étendu hors du jeu.

Laurent Estampe en convient  : « Nous avons eu des remontées de la part des conseils de discipline avec une augmentation significative des actes de violence ou d’incivilité, et d’actions qui étaient plutôt concentrées sur le terrain avant et qui prennent désormais une place autour du terrain, sur les troisièmes mi-temps, et les réseaux sociaux. » Derrière le pilotage du projet par la gouvernance de la FFR, l’élaboration des mesures qu’il contient est coordonnée par la Direction juridique.

Alice de Robillard et Marion Bernardin, qui sont à sa tête, étaient aussi sur le podium pour récolter la récompense d’un travail d’envergure. « Nous avons élaboré un plan qui touche toutes les populations et de différentes manières, détaille Alice de Robillard. Il y a d’abord ce volet répressif au niveau juridique, qui est ce que nous maîtrisons le plus par nos compétences. Il y a aussi un travail sur la sensibilisation, la prévention et la formation qui s’étale sur ces trois années de plan. »

Une prise de conscience collective face à ce fléau

Au lancement du plan, le démarrage est un peu poussif à toutes les échelles. Mettre en avant des mauvais gestes n’est pas positif et donne une mauvaise image du rugby. Mais Alice de Robillard le souligne, il était nécessaire de confronter tout le monde à la réalité, pour porter une réelle prise de conscience  : « C’est ce qui se passait de plus en plus sur le terrain, nous voulions dénoncer cela. Et après un an de dialogue et de travail, c’est tout l’écosystème du rugby qui s’est emparé du problème. Les Ligues et les clubs mettent en place des actions au sein des clubs, cherchent des leviers et des solutions en nous sollicitant pour avoir des outils complémentaires. C’est ça, la réussite du projet dans ces premiers mois. »

À la hausse de cette prise de conscience collective sur le rectangle vert s’ajoute une nécessaire répression des gestes qui donnent une image dévalorisante au rugby. Dès juin 2024, des changements ont été appliqués dans les règlements généraux, afin de durcir les sanctions face à des violences sur un terrain ou pour faire adopter de nouveaux dispositifs et outils aux conseils de discipline. « Nous avons durci les cas de récidive, évoque Laurent Estampe, l’échelle de sanctions a évolué à la hausse pour ne plus banaliser ces gestes et dissuader la récidive. »

Une dernière mesure qui évoque « l’atteinte à l’intérêt supérieur du rugby » permet enfin de mieux sanctionner certains comportements. Elle sanctionne tout manquement à l’honneur ou à la probité, toute conduite violente, tout propos injurieux ou diffamatoire, le non-respect du devoir de réserve ou des règlements et tout comportement nuisant à l’image, la réputation, l’éthique ou aux intérêts du rugby ou de la FFR.

Après 18 mois, Alice de Robillard observe deux effets de cet axe répressif. Elle souligne une regrettable augmentation des dossiers disciplinaires gérée par les Ligues et la Fédération et qui portent sur de la violence ou des incivilités, en partie contre des officiels de match. Mais ce sont des chiffres à tempérer,explique-t-elle : « En effet, il y a plus de dénonciations sur les terrains, ce qui accentue cette prise de conscience générale. La violence est moins acceptée et tolérée. C’est quelque chose de positif et toutes les commissions, qu’elles soient régionales ou à la FFR, jouent le jeu. » Ces dernières appliquent désormais des travaux d’intérêt général pour accompagner les jeunes, quand le besoin d’une prise de conscience supérieure à la simple sanction est nécessaire.

Le public, un acteur majeur qui a un rôle à jouer

Le dernier chantier se passe aussi en tribunes. La sensibilisation des spectateurs est également vitale sur le volet des agressions physiques et verbales d’officiels de match, de plus en plus remontées dans les conseils de discipline. Une situation qui a poussé la gouvernance à imaginer une vidéo dénonçant ces abus. « Les arbitres reçoivent beaucoup de menaces, acquiesce Laurent Estampe, que ce soit sur les réseaux sociaux avant le match ou après le match. Cette action est importante car elle permet de montrer au grand public ce qui se passe réellement en coulisses, car c’est quelque chose qui est invisible et dur à vivre pour eux. Cette vidéo rend visible cela auprès de tous. »

En plus de ces vidéos qui ont l’intérêt d’interroger le public  : de nombreuses affiches portant des messages de sensibilisation circulent sur les différents canaux de communication de la FFR. Un nouvel outil verra également bientôt le jour  : une charte du supporter. Un outil qui doit répondre à un besoin sur les compétitions jeunes et les écoles de rugby, comme le souligne Alice de Robillard  : « On a cette problématique sur des compétitions de jeunes d’entendre beaucoup de mots, d’insultes sur le bord des terrains. Beaucoup de parents ne voient pas le côté humain d’un arbitre qui peut commettre des erreurs. Ce sont parfois des jeunes arbitres qui sont là pour être formés et être accompagnés. »

À mi-chemin de ce plan étalé sur trois ans, les premiers résultats sont donc encourageants. Il ne reste plus qu’à poursuivre ensemble dans la même direction, pour un rugby sans violence et sans discrimination sur le gazon.

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