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Fédération

Préserver notre rugby  :  Plan de lutte, chiffres, bilan et espoir

La Rédaction
13/01/2026
Depuis le printemps 2024, le Plan de lutte contre les violences et les incivilités (et les addictions, pourrait-on ajouter) ne cesse de répertorier, comprendre, former et corriger les dérives de notre sport. Dans sa deuxième saison d’existence, ce combat n’a jamais été autant d’actualité.

Depuis le printemps 2024, le Plan de lutte contre les violences et les incivilités (et les addictions, pourrait-on ajouter) ne cesse de répertorier, comprendre, former et corriger les dérives de notre sport (de notre société). Dans sa deuxième saison d’existence, ce combat n’a jamais été autant d’actualité.

Les chiffres ne mentent pas, dit-on. Certains d’entre eux, ou d’autres statistiques pour la saison 2024-2025, permettent de confirmer, en toute transparence, qu’il ne faut toujours pas baisser la garde face aux différentes formes de violence. Si plus de 6 000 infractions disciplinaires ont été constatées lors de la saison 2023-2024, elles sont passées à environ 7 000 la saison dernière. Parmi celles-ci, 5 528 infractions concernent des dossiers de personnes physiques (5 002 en 2023-2024), 1 551 des personnes morales (1 203 en 23-24).

S’agissant des infractions commises par des personnes physiques, 3 502 ont été qualifiées de brutalités et 747 d’actions contre des officiels de match (insultes et manque de respect). Trop, toujours trop. Concernant les infractions commises par des personnes morales, 1 252 ont été qualifiées de désordres occasionnés par des joueurs, des dirigeants et/ou des spectateurs d’un ou des clubs en présence (troubles causés dans l’enceinte sportive) et 260 ont été qualifiées de désordres occasionnés par des joueurs, des dirigeants et/ou des spectateurs d’un ou des clubs en présence (à l’encontre d’officiels de match).

Personnes physiques et personnes morales

Afin de toujours mieux comprendre, les dossiers « personnes physiques » correspondent aux infractions commises par des licenciés (joueur, dirigeant, entraîneur…), les dossiers « personnes morales » étant des infractions commises par des associations, puisque ces dernières sont responsables du comportement de leurs licenciés et de leurs supporters. Ceci peut donc être des bagarres, l’introduction/utilisation de fumigènes, l’irruption de spectateurs, etc.

Pour ce qui est des infractions qualifiées « d’actions contre un officiel de match », elles peuvent concerner un manque de respect envers l’autorité des officiels de match, une agression verbale, un acte d’intimidation ou des paroles menaçantes, un contact physique ou une agression physique.

Préciser et comprendre, c’est mieux agir. Le plan de lutte contre les violences et les incivilités poursuit son déploiement dans tout le pays autour de quatre axes  : sensibiliser, former, prévenir, réprimer. Vous en découvrirez les actions dans ce numéro de Rugby Mag. Au 30 juin 2026, la saison livrera ses chiffres. On espère qu’ils confirmeront les premiers effets positifs de ce plan.

La violence se déplace et évolue

En attendant, les chiffres actuels peuvent sembler sévères, d’autant qu’ils progressent d’une saison à l’autre. Ils rejoignent les nombreuses remontées du terrain  : appels, mails, courriers, échanges formels ou informels… Les acteurs du quotidien signalent de plus en plus de situations de violence. La construction du plan de lutte s’appuie d’ailleurs sur cet ancrage terrain  : un outil évolutif élaboré avec des acteurs locaux, aux côtés des Comités départementaux, des Ligues, d’associations spécialisées, ainsi que des salariés et élus de la FFR.

L’un d’entre eux, Laurent Estampe, vice-président de la Fédération, délégué aux écoles de rugby et en charge du plan de lutte contre les violences et les incivilités, est très actif dans ce domaine  : « L’après-Covid a sensiblement montré une augmentation des actes de violence. À la suite des différentes alertes que nous avons reçues, nous avons décidé de lancer ce plan de lutte, c’était en 2024. Aujourd’hui, il n’est pas figé, il se doit d’être évolutif et de s’adapter à toute forme de violence qui, elle, se déplace et évolue, que ce soit en matière de zone géographique, de type, d’acteur, de support numérique, mais aussi à l’intérieur même du stade. »

Un élargissement de l’éventail des sanctions disciplinaires

Sans oublier que le rugby devient chaque année plus varié, avec de nouvelles pratiques et de nouveaux publics. « À nous tous de transmettre nos valeurs de respect, souligne Laurent Estampe. Le plan de lutte a d’ailleurs été conçu pour donner aux clubs les moyens d’agir concrètement et efficacement. »

Concrètement, ce plan de lutte s’est déjà traduit par plusieurs avancées  : la déclinaison des infractions disciplinaires, une meilleure prise en compte de la récidive, un éventail de sanctions disciplinaires élargi, une évolution du système de purge des suspensions, ainsi que des signalements renforcés auprès des autorités administratives et du procureur de la République lorsque nécessaire.

Dans la même veine, des plateformes telles « J’Alerte » ou « Perf’Arbitres » (lire pages 22-23) ont été lancées ou développées, un kit de communication a été déployé vers les clubs, les réseaux sociaux ont aussi eu leur lot de communications quand des formations sont proposées ou vont l’être, notamment en ligne, comme l’explique Alice de Robillard, responsable juridique gouvernance et intégrité à la FFR, mais aussi maillon fort de ce dossier  : « Dans la mesure où la violence peut être partout, on a essayé d’élaborer un plan qui touche tous les publics rugby. Savoir quoi faire ou quoi dire dans telle ou telle situation est essentiel. On espère petit à petit changer les mentalités. »

Bénéficier d’un rugby accessible à tous et apaisé

On ne ferme plus les yeux sur les violences, le harcèlement, les dérives liées à l’alcool, aux drogues ou au dopage. Au contraire, on choisit désormais de les affronter avec calme et détermination. Marion Bernardin, juriste à la FFR et copilote du Plan de lutte contre les violences et les incivilités aux côtés d’Alice de Robillard et des élus fédéraux, souligne que leur service est de plus en plus informé des actions engagées dans les territoires pour faire avancer les choses.

Les clubs sont de plus en plus moteurs sur ce sujet, constate Marion Bernardin  : « En effet, on reçoit aussi davantage de questionnements par différents biais sur des cas pratiques ou des mesures qui peuvent être mises en place. On ressent donc une vraie prise de conscience, une vraie évolution même si le nombre de dossiers et infractions est malheureusement encore trop important, c’est un travail de longue haleine. » En attendant de mesurer les efforts de chacun d’ici la fin de saison, ce plan de lutte poursuit son déploiement.

Dans les prochaines semaines, plusieurs avancées verront le jour  : une procédure claire pour les matches à risques, un renforcement de la prévention autour de l’alcool, une convention avec le ministère de l’Intérieur, plusieurs chartes du supporter et du joueur, un suivi des réseaux sociaux pour les officiels de match ou encore l’évolution des sanctions financières. L’objectif reste de maintenir un rugby ouvert à tous, serein et exemplaire, où l’intensité reste celle d’un plaquage régulier ou d’une charge qui soulève le public. C’est tout l’avenir de notre sport qui se construit ainsi.

Statistiques sur les quatre dernières saisons

  • Saison 2021-2022  : 4 482 infractions disciplinaires
  • Saison 2022-2023  : 6 098 infractions disciplinaires
  • Saison 2023-2024  : 6 205 infractions disciplinaires
  • Saison 2024-2025  : 7 079 infractions disciplinaires

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