Au-delà du terrain, le Label Club Engagé valorise l’engagement des clubs en matière d’éducation, de citoyenneté, de santé, d’inclusion et de transition écologique. Derrière chacun de ces piliers, il y a avant tout une même force : les bénévoles, véritables moteurs de ces actions.
Le pilier éducation par le sport ou le scolaire sont carrément la signature de tout le club de Mulhouse dans le Grand Est. Bagnères-de-Bigorre aussi, tout comme à Plélan-le-Petit, dans les Côtes d’Armor, et en Bretagne avec Flamanville. La matière citoyenneté lie les valeurs de la vie et celles du rugby. Il faut forcément des hommes et des femmes pour les transmettre. Le RC Naborien, proche de Saint-Avold en Moselle, est attaché à ce passage de témoin bénévole, tout comme à Tartas dans les Landes, pour une magnifique diagonale hexagonale. Le bénévole fait partie intégrante du club, comme l’explique Maxime Boussion, responsable développement sociétal à la FFR : « Sans le bénévolat, les clubs auraient du mal à exister, voire à se développer comme ils le font si bien. D’ailleurs, les critères du LCE se veulent les plus réalistes possibles. Si, modestement, ce label peut permettre de recruter des bénévoles, les mettre en lumière ou valoriser leurs gestes du quotidien, c’est tant mieux. »
Dans le cadre de la transition écologique, des bénévoles ont planté ou fait planter des arbres à Leucate et Balma, réalisé ou fait réaliser des fresques écologiques à Millau et Villenouvelle, ou encore engagé des actions sur les économies d’énergie à Labastide-Beauvoir et la gestion des déchets au Diamant, en Martinique. Les bénévoles répondent toujours présents. Et, sur le volet santé-bien-être, les projets naissent souvent d’histoires personnelles, comme à Seyssins, où un père a créé une équipe de rugby adapté pour son fils en situation de handicap.
Après avoir été touché de près par la maladie de certains de ses membres, Brignoles s’est imposé comme un club référent et récompensé pour son engagement en sport santé. L’US Marmande, le RC Cévenol, Vienne ou Montaudran (céci-rugby) suivent le même chemin. Quant au pilier Citoyenneté, il ouvre le rugby à des publics peu ou pas pratiquants. Des clubs et leurs bénévoles, de Terres de France à l’AS Bayonne (quartiers prioritaires) ou Saint-Médard (accueil de joueurs étrangers), en passant par Besançon (promotion du rugby féminin), incarnent ainsi pleinement l’engagement sociétal.
Si l’engagement bénévole a changé, on trouve encore des gens toujours aussi passionnés, comme le rappelle Maxime Boussion : « L’engagement des bénévoles, et notamment celui des parents, prend des formes variées. Il est donc essentiel de valoriser pleinement ceux qui donnent de leur temps. On parle souvent de plan de succession pour les joueurs ou les dirigeants : pourquoi ne pas en imaginer un aussi pour les bénévoles ? Cela permettrait de préparer la relève en douceur, de s’appuyer sur les compétences des plus jeunes, tout en leur offrant une expérience précieuse et valorisable dans leur parcours professionnel. »
Les bénévoles sont bien plus que les moteurs de ces actions : leur engagement et leur capacité à fédérer font pleinement partie du pilier Inclusion du Label Club Engagé. Leur participation à des initiatives comme la Journée du bénévolat contribue naturellement à la reconnaissance du club dans le LCE. Mais, avant tout, ils agissent par passion, par conviction et par désir de partager, sans attendre aucune récompense – et c’est précisément cette générosité qui fait briller le rugby associatif.
En volume, le nombre total de dirigeants progresse régulièrement depuis 2020-2021, passant de 46 293 à 64 474 projetés en 2025-2026. La dynamique est réelle, avec des hausses annuelles soutenues, notamment entre 2022-2023 et 2024-2025. Mais cette croissance profite surtout aux tranches d’âge les plus élevées : les 40 ans et plus concentrent l’essentiel des effectifs, hommes comme femmes. La génération Y, bien identifiée dans la tranche 30-39 ans, reste minoritaire dans les instances dirigeantes. Un enjeu clair se dessine : renouveler les cadres sans rompre l’équilibre, et réussir à attirer durablement une génération appelée à devenir le socle de la gouvernance de demain.
Pour la 6e année consécutive, la Ligue Sud Provence-Alpes Côte d’Azur a mis à l’honneur de nombreux bénévoles lors d’une soirée organisée à Maussane-les-Alpilles, dans la lignée de la journée mondiale du bénévolat qui s’est tenue le 5 décembre 2025.
Le président de la Ligue Sud PACA Sébastien Rizza donne le ton de la soirée : « C’est grâce à votre engagement qu’existent nos clubs et le rugby. Merci pour votre disponibilité sans faille. Vous êtes dans l’ombre, mais tellement indispensables. Vous êtes le cœur battant de notre sport, les garants de nos valeurs. »À travers ces récompenses, la Ligue Sud PACA a souhaité célébrer l’engagement d’hommes et de femmes qui (se) donnent sans compter depuis de nombreuses années.
Un engagement salué par le maire de Maussane-les-Alpilles, Jean-Christophe Carré, qui souligne l’importance de préserver une valeur essentielle : « Le bénévolat est aujourd’hui plus que jamais précieux. » Un constat partagé par Éliane Cayol, membre du Comité d’orientation politique de la FFR : « Sans bénévoles, il n’y aurait tout simplement pas de clubs. » Sébastien Rizza rappelle, lui, le sens de cette soirée : « Mettre nos bénévoles à l’honneur devant leurs clubs et leurs collègues. Prendre le temps de se retrouver, d’échanger et de partager, au-delà des moments passés au bord des terrains. » Malgré l’étendue du territoire de la Ligue et une organisation en semaine, la mobilisation reste remarquable : « Plus de 95 % des bénévoles récompensés sont présents », se félicite le président de la Ligue Sud-PACA.
Parfois, on devient également bénévole par hasard. C’est le cas de Pierre Triboulet, éducateur au Ovalive Club des Alpilles, club reconnu pour sa politique envers les jeunes et l’organisation fin juin d’un tournoi sur le thème rugby et gastronomie pour les 10-12 ans. Originaire de Biscarosse, Pierre Triboulet a d’abord suivi les jeunes derrière la barrière avant de franchir le pas : « Je me suis dit que je pouvais peut-être aider. Et je me suis vite fait enrôler. »
L’éducateur a la charge des 4-5 ans, il reconnaît que « quand tu mets le petit doigt dans la machine, tu t’y mets jusqu’au coude. Cette soirée est une belle récompense pour tous ».Un discours partagé par l’ensemble de la salle dont le président du club de Martigues Rugby Club, Cirillo Simone : « C’est un moment d’échange entre la Ligue, les clubs, les bénévoles. Chaque année, dans notre club, on présente une candidature pour une récompense. C’est un moment pour mettre à l’honneur nos bénévoles qui œuvrent au quotidien. »
Le responsable de la commission événementielle de la Ligue Sud, Alain Rinaldi, ne peut qu’être satisfait de cette soirée avec un show en trois mi-temps : « C’est un moment important de transmission. On a de nombreuses médailles à remettre. Quand on récompense un bénévole avec le coq d’or, comme c’est le cas pour Michel Santucci de Provence Rugby, c’est plus de 40 ans d’investissement que l’on récompense. »
Ce dévouement total, Michel Santucci le symbolise par son absence lors de cette soirée. Le kiné de Provence Rugby n’est en effet pas présent ce soir-là pour recevoir sa récompense car en train de préparer le déplacement de son club à Mont-de-Marsan le lendemain.Son président, Denis Philipon, qui le représente, insiste sur l’importance de fêter les bénévoles : « On n’a pas toujours le temps de les remercier pour leur dévouement. Avec le comité directeur, on a décidé il y a quelques années d’organiser un événement, de prendre le temps pour les mettre en avant, pour les mettre à l’honneur. »
Une soirée qui se termine avec un moment émotion quand Sébastien Rizza et toute la Ligue récompensent Gilbert Bourguignon, speaker de Provence Rugby, mais aussi des matchs du RC Toulon au stade Vélodrome à Marseille : « Gilbert répond toujours présent même pour animer un tournoi de jeunes, même avec un appel à la dernière minute. Un bel exemple d’investissement qu’on souhaitait récompenser. » Très ému par une double médaille, Gilbert Bourguignon conclut : « Le rugby, c’est une famille. C’est ma famille. »